Mon top Ten côté danse en 2012…

Faisant suite à mon bilan personnel et subjectif de la saison 2011-2012, ma vision très subjective en 10 points de l’année 2012.

Côté danseurs:

1- Les nominations comme étoiles de Josua Hoffalt le 7 mars et Myriam Ould-Braham le 18 juin

2 – Marie-Agnès Gillot, Nicolas Le Riche et José Martinez dans Appartement de Mats Ek le 18 Mars

3 – Aurélie Dupont et Josua Hoffalt dans Manon le 23 avril

4 – Aurélie Dupont, Nicolas Le Riche et Jérémie Bélingard dans O Zlozony / O composite de Trisha Brown le 3 décembre

Côté Compagnies:

5 – La découverte du Ballet Royal du Danemark dans Napoli le 7 janvier

6 –  Le retour de L’Alvin Ailey American Dance Theater, découvert en 2009 aux Etés de la danse avec notamment Revelations d’Alvin Ailey et In/Side de Robert Battle

Ballets / soirées:

7- Le gala donné à Londres le 4 mars en mémoire d’Anna Pavlova

8 – Manon de Macmillan le 23 avril

9 – Balanchine à Garnier le 24 septembre. J’en suis sortie « KO débout »

10 – A la fois cirque et danse, la ballerine, pierrot lunaire dans Pentimento de M. Bouglione, qui m’a rappelé le magnifique spectacle d’Era à Shanghai début 2009

 

Et vous, vos coups de coeur en 2012, vos découvertes?

Que retenir de la saison danse 2011-2012?

A l’heure où la saison 2012-2013 a déjà commencé, une vision très subjective en 10 points de ce que je retiens pour la danse de la saison passée:

Côté danseurs:

1 – Revoir Micha (Mikhail Baryshnikov) à Chaillot

2- Les nominations comme étoiles de Josua Hoffalt et Myriam Ould-Braham

3- Mathias Heymann dans La Source de Jean-Guillaume Bart

4 – Marie-Agnès Gillot, Nicolas Le Riche et José Martinez dans Appartement de Mats Ek

5 – Karl Paquette dans Onéguine

6 – Aurélie Dupont et Josua Hoffalt dans Manon

Côté Ballets:

7 – La chorégraphie de La Source par Jean-Guillaume Bart, sublime

8 – Onéguine de Cranko pour la psychologie des personnages et cette très belle fresque

9 – Manon de Macmillan, pour son histoire, la danse, les costumes…

10 – Les étés de la danse et notamment : Revelations d’Alvin Ailey, que j’aime toujours autant et le très sensuel In/Side de Robert Battle

L’histoire de Manon de Macmillan: une fresque belle et cruelle, fidèle à l’esprit du roman

Lundi dernier, le 23 avril, je me trouvais à Garnier pour voir L’histoire de Manon, ballet de Kenneth Macmillan. J’avais déjà vu en janvier la version opéra de Jules Massenet et n’avais pas été convaincue malgré un très bon couple principal ( cf mon billet à ce sujet).

Dans ce ballet, et contrairement à l’opéra, Manon apparaît davantage comme une victime de la convoitise des hommes, et notamment de son frère qui la « vend » à M. de G.M qu’une garce faisant tourner en bourrique des Grieux. Certes elle le fait souffrir, certes elle a du mal, une fois qu’elle revient vers lui, à se débarasser des bijoux offerts par Monsieur de G.M, oui elle les mène à leur perte à tous les 2 en lui donnant les cartes qui lui permettront de tricher et donc de gagner et de fuir… avant de se faire rattraper par M. de G.M. Mais l’amour qu’elle éprouve pour lui est palpable dans leur danse…

Car c’est bien d’un couple qu’il s’agit ici. Et quel couple!! Des pas de deux magnifiques où Aurélie Dupont et Josua Hoffalt incarnent le couple romantique. Aurélie Dupont symbolise la femme « éternelle » avec toutes ses facettes: amour, coquetterie, fragilité, voire folie à la fin de la pièce. Josua Hoffalt, lui, est magnifique, fou amoureux et, quoique bafoué, toujours là. Sa danse sert merveilleusement son personnage.

Jérémie Bélingeard campe un Lescaut, frère de Manon, à la fois cynique et répugnant mais également pauvre pierrot triste lorsqu’il est ivre au deuxième acte.

MacMillan sait rendre toute la complexité de cette époque où la bonne société s’encanaillait dans les maisons closes et où le sort de la femme n’était guère enviable. Le dernier acte en est emblématique, lorsque, dans le port de la Nouvelle-Orléans les prostituées sont maltraitées par le geôlier. La scène dans la chambre de celui-ci est à cet égard insoutenable, tant Manon, affaiblie et fragile, paraît loin des préjugés et des pulsions de cet homme brutal.

Le dernier tableau de cet acte, où les différents protagonistes de la pièce repassent, symbole du passé et de la mort prochaine de Manon, m’ont rappelé un procédé semblable utilisé dans Onéguine. Les deux ballets dégagent la même force dramatique. Une réussite…