Le club de la chasse et de la nature

Musée de la Chasse et de la Nature

Lové, comme le musée du même nom, dans l’hôtel de Guénégaud datant du XVIIème siècle – seul hôtel d e François Mansart demeuré intact –  le club de la chasse et de la nature n’est ouvert qu’à ses membres et à leurs invités.

S’y rendre pour déjeuner est une façon agréable de renouer avec l’architecture, les arts décoratifs, la chasse et la peinture animalière.

J’y étais il y a quelques jours et, comme au printemps, la beauté de l’endroit m’a charmée.

Il s’y ajoutait une atmosphère de fêtes: les décorations, quoique discrètes et concentrées à l’accueil ou dans les couloirs de passage, invitaient à la redécouverte de l’endroit.

Décorations de Noël sous les symboles de chasse

Malgré mon aversion pour la taxidermie (le fait d’empailler les animaux) je me suis prise au jeu et ai tiré quelques portraits des malheureux habitants de ce lieu…

Fauve veillant dans les salons du club...
 
 
"Création" contemporaine...

Enfin, un ours blanc immense a retenu mon attention… Son air redoutable, que son aspect « peluche » pourrait nous faire oublier, est bien retranscrit…

Le gardien du musée

Marchés de Noël franciliens

Le marché de Noël est pour moi une spécialité de l’Est: Alsace, Allemagne, Autriche…

Qu’on veuille l’acclimater depuis la fin des années 1990 dans des régions où ce n’est pas la tradition m’a toujours paru étrange…

Mais j’avoue que face au froid qui s’abat sur l’Ile de France depuis fin novembre, et face à la neige qui tombe sans bruit depuis quelques jours, j’ai une furieuse envie de Glühwein (vin chaud) et de Lebkuchen (pain d’épices). Avoir vécu, même un an, en Autriche laisse certaines traces….

Et là, fi des considérations, direction le marché des Champs Elysées, de Saint Germain des Prés voire de la Défense ou de Neuilly, pour s’offrir quelques bribes épicées de souvenirs. A moins que celui de Châtelet, plus central, existe encore et se soit amélioré….

Cela fera peut-être l’objet d’un autre billet : une cartographie des meilleurs vins chauds et pains d’épices / gâteaux allemands des marchés de Noël franciliens. Plus approfondie que les quelques impressions qui suivent.

Pour l’instant, je retiens une boutique en bois des Champs Elysées avec son pain d’épices à l’abricot et une à Neuilly avec une Linzertorte ma fois pas mal. Pour le vin, je n’ai pas été enchantée…

A suivre…

Préparatifs de voyage….

J’ai l’impression que je parle un peu trop de culture en ce moment…

Ca doit être l’hiver qui approche et l’installation du froid: on se réfugie dans un musée, un café, un salon de thé, plutôt que de flâner le nez au vent… Ou au contraire, on parcourt les sites internet à la recherche de destinations ensoleillées…

A propos, vous les préparez comment vos vacances?

1 – Longtemps à l’avance en planifiant minutieusement chaque journée, en vérifiant les spectacles à voir, les expositions, les horaires de musée…?

2 – Quelques jours avant en vous disant « bon au fait, j’ai mes billets, je fais quoi maintenant »?

3 – En dernière minute dans l’avion en disant « et bien voyons qu’il y a-t-il d’intéressant à voir »?

4 – Au fur et à mesure de votre voyage, selon les rencontres, les envies, au risque de ne pas avoir noté certains horaires et de passer à côté de quelque chose que vous vouliez voir?

5 – Vous ne préparez rien et passez par un opérateur!

Une soirée mouvementée à l’Opéra Comique

Le contraste entre la salle et le spectacle était a posteriori amusant…

La semaine dernière, je me trouvais à l’Opéra comique. Ayant pris les billets très peu de temps avant, je n’étais pas très bien placée… Ni très bien entourée, allais-je ensuite découvrir.

On y donnait une version, très réussie au demeurant, de Cadmus et Hermione de Lully. Tout y était reconstitué comme à l’époque de Louis XIV: les machineries avec les dieux, dont le Soleil ; ) descendant pour pacifier les êtres humains, les costumes très chatoyants et folkloriques des acteurs, les grottes… mais également la diction avec un appui des dernières syllabes, la prononciation du « oi » et cette voix nasillarde si caractéristique de l’époque…. Une très belle mise en scène de Benjamin Lazar mise en valeur par le jeu des acteurs et la direction solide de Vincent Dumestre. Un vrai bonheur!

 

Seulement voilà….

J’avais le malheur d’être assise non loin d’une classe de collège dont le professeur avait déserté les rangs pour regarder le spectacle près d’une amie. Avec un peu de recul, la situation était cocasse entre les blagues de ces adolescents et la pièce jouée… « C’est chelou cette façon de parler! » Pouffements de rire des camarades… « La voix est bizarre! » Des « chuts » émanaient alors des rangs voisins, extérieurs à la classe. Une personne tenta même d’en faire sortir quelques uns… La situation était vraiment pénible…

Je décidai donc à l’entracte de trouver une place ailleurs, chose que je ne fais jamais. Par chance, j’en trouvai une, certes de côté, mais au calme: la loge était déserte!

Je veillerai donc la prochaine fois à demander lors de l’achat qui sont mes voisins. Il y a bien d’autres occasions de faire une analyse comparative des langages employés…

Mathis le Peintre ou le rôle de l’artiste dans la société

J’ai assisté il y a 10 jours, le 16 novembre, à la Première de Mathis le Peintre, de Hindemith. Cet opéra allemand composé dans les années 1920, et dont la première représentation n’eut lieu qu’en 1938, m’intriguait. Mais j’hésitais. Peur d’être déçue comme pour le Ballet de Hambourg de Neumeier vu quelques jours plus tôt (cf billet sur Parsifal)? Une offre promotionnelle reçue quelques jours plus tôt me décida: -40% ça valait le coup!

Je compris ensuite pourquoi : la salle n’était guère pleine.

Cet opéra, qui reprend l’histoire véritable de Matthias Grünewald, auteur du prodigieux Retable d’Issenheim (1512-1516) conservé à Colmar, se situe sous la Réforme et la guerre des paysans.

La mise en scène d’Olivier Py est moderne: le parallélisme avec le nazisme – autodafés de livres, uniformes portés par les soldats – permettent de retranscrire une atmosphère oppressante, celle des conflits. Le retable est également mis en scène de façon sobre.

Cet opéra pose la question – certes ancienne puisque Platon en parle déjà – de la place de l’artiste dans la société. Certains passages sont insoutenables tant ils résonnent de justesse. Des questions qu’on se pose à soi même – quel sens donner à sa vie, quelle place pour l’art dans la société – tout en les écartant assez vite, nous sont « jetées » en pleine figure.

Un profond malaise existentiel s’empare alors du spectateur qui, cette fois-ci, ne peut plus se fuir lui-même.

Opéras anciens et modernes posent de façon différente les mêmes questions, inhérentes à notre condition d’être humain.

Mathis le Peintre, que j’ai beaucoup aimé, me rappelle par la manière de mettre en lumière certains comportements humains, Juliette ou la clé des songes opéra de B. Martinu, où le héros, Michel, décide à la fin de la pièce de rester dans le monde des rêves afin de retrouver Juliette, la femme qu’il aime. La distinction entre rêve /folie / réalité s’estompe conduisant chacun d’entre nous à s’interroger sur ses propres angoisses : confrontés à une réalité jugée trop dure, n’avons nous pas tendance parfois à nous réfugier dans le rêve, quitte pour certains à sombrer dans une folie douce?