Galette Béchard: dernier round

Galette ou roi

Il fallait quand même que je vous parle de cette galette. Histoire de conclure.

J’étais donc à Aix ce week-end, notamment pour cette galette mais également pour voir des monuments qui étaient fermés l’an dernier lors de mon passage: Pavillon Vendôme, cloître de l’église… et prendre un peu de soleil malgré le froid.

Comme je l’évoquais dans un précédent billet (Madeleine de Proust : viennoiseries au pavot) il est toujours délicat de goûter à nouveau quelque chose qu’on a particulièrement apprécié. Car le souvenir tend à le magnifier… En ce qui concerne notre affaire, c’est plutôt la découverte de leur galette des rois à la frangipane -qui m’a réconciliée avec la pâte feuilletée- ou l’arrogance des serveuses de chez Béchard.

J’aurais appris tout d’abord qu’une galette des rois se distingue d’un roi. La première est une pâte feuilletée avec de la frangipane à l’intérieur. Le second est une brioche avec des fruits confits sur le dessus. Il peut être ou non fourré à la pâte d’amande. 

Ce roi était très bon au demeurant, frais… Mais face à la galette de la veille à la frangipane délicieuse, consistante et abondante, le choix est dur à faire…

Une question toutefois: doit-on contribuer au chiffre d’affaires de personnes qui peuvent se montrer très désagréables voire hautaines avec des clients qui ne savent pas qu’il faut prendre un ticket pour se faire servir… Le plaisir en est un peu gâché…

Expo Monet: rentabilité et démocratisation

Le Monde d’hier , en mentionnant un chiffre de 920 000  visiteurs, inscrit la rétrospective Monet dans la cour des grandes expositions: c’est la deuxième exposition ayant attiré le plus de visiteurs en France après Toutankhamon et son temps, en 1967 au Petit Palais. Mais cette-dernière avait duré près de sept mois (contre 3 mois pour Monet) pour un total de 1,2 millions d’entrées. En outre, les bénéfices de l’exposition avaient servi à la sauvegarde du temple d’Abou-Simbel, en Égypte, menacé de disparition par la mise en place du barrage d’Assouan.

Au delà des chiffres et de la manière de compter – par exemple y étant allée 4 fois, ai-je été comptée 4 fois ou une? à l’entrée (où ma carte ne fonctionnait pas) ou à la sortie? –  deux questions se posent : démocratisation et rentabilité.

Programmer Monet, ou une des 8 autres expositions (hors Toutankhamon) ayant rencontré le plus de succès comme celles sur Renoir, Manet, Lautrec et Gauguin répond à une double stratégie:

Rentabilité : ces expositions concernent, comme le rappelle Le Monde, un seul siècle – du milieu du XIXe au milieu du XXe et s’inscrivent dans la « voie royale » : impressionnisme, postimpressionnisme, avant-gardes jusqu’à Kandinsky. Ces peintres nous sont familiers, qu’ils aient été reproduits sur des puzzles, des boites à gâteaux ou dans des manuels de classe. C’est donc l’occasion de faire salle pleine.

Démocratisation: qu’on le veuille ou non, la culture reste quelque chose de socialement distant où l’éducation joue un rôle important. C’est en traînant un enfant ou un ado dans les musées qu’on le sensibilise – ou non- à l’art. Même si sur le coup il s’ennuie, il saura par la suite que ce monde existe et au lieu de passer son samedi à errer dans les centres commerciaux, ira peut-être voir une comédie musicale, une expo… Mais pour y être sensibilisé, encore faut-il qu’il puisse voir des oeuvres qui lui « parlent ».  Ces expositions « grand public » jouent pour moi notamment ce rôle.

Contrairement à certains qui défendraient un accès élitiste à la culture, je pense que ces expositions- tout comme les grands ballets ou opéras que sont Le lac des cygnes, Tosca, Carmen… – sont nécessaires pour 2 raisons au moins:

– emmener le plus de monde à la découverte de l’art, ce supplément d’âme qui nous transcende

– permettre par les bénéfices engrangés de continuer à monter des expositions plus « pointues », des ballets ou des opéras moins connus qui seront probablement déficitaires.

Sans que l’un ne se fasse au détriment de l’autre…

Ces réflexions valent en outre pour les expositions, moins pour les opéras, comédies musicales et ballets. En effet, plus une pièce est classique, plus son prix sera élevé (effet rentabilité), empêchant à tout un chacun d’y accéder. En revanche, une pièce moderne sera souvent l’occasion de réductions afin de remplir la salle (cf mon billet sur Mathis le peintre, mais également les offres récentes de l’opéra de Paris pour le ballet Caligula)…

Giulio Cesare: la sensualité de Cléopâtre…

Que retenir du Giulio Cesare de Haendel, vu ce lundi à l’Opéra Garnier?

1 – Une mise en scène surprenante qui évite les clichés des reconstitutions de l’Égypte antique. Le metteur en scène, Laurent Pelly, choisit en effet une mise en abyme : il représente l’action dans les réserves d’un musée, très probablement celui du Caire. Les protagonistes de l’action apparaissent alors tels des fantômes du passé.

2 – Un Jules César plus amoureux que conquérant, même si la scène finale où il « rappelle Cléopâtre à l’ordre » en la faisant asseoir non sur le trône le plus élevé vers lequel elle s’était dirigée mais vers un autre en contrebas, signe de sa vassalité à Rome, montre que le  maître du monde ne perd pas conscience de son rang. 

3- Une distribution musicale dominée par Natalie Dessay. En effet, Jules César, interprété par le contre-ténor américain Lawrence Zazzo, possède certes une très belle voix, mais je ne l’ai pas trouvée très puissante. J’ai davantage été touchée par les virtuosités techniques de Natalie Dessay (Cléopâtre) ou par les personnages secondaires comme Sextus (Isabel Leonard) ou Achillas (Nathan Berg), à la magnifique voix basse.

4 – Une sensualité exacerbée. Cléopâtre incarne la séduction féminine dans toutes ses facettes, tant dans sa moquerie vis à vis de son frère que, et surtout, dans son rapport à Jules César. Séduction magnifiée par sa voix, sa tunique transparente, ses poses…

5 – Un orchestre virtuose dirigé par Emmanuelle Haïm

Un très beau spectacle qui interpelle sur les agissements des Grands de ce monde…

Le lac des cygnes: Noureev versus Petipa

Je vous parlais dans un précédent billet des spectacles fédérateurs joués aux alentours de Noël.

Le lac des cygnes en est un. J’y étais mardi dernier à Bastille. Histoire de comparer  ; ) la chorégraphie de Noureev à celle d’Ivanov, élève de Petipa. Cette version avait été donnée en juillet 2010 par le Ballet de Novossibirsk aux étés de la danse du théâtre du Châtelet.

Comme en juillet, il y avait beaucoup de groupes d’adolescents. Je n’avais alors pas compris s’ils faisaient des heures sup’ ou si les adultes qui les accompagnaient étaient les parents de l’un d’entre eux. Mardi, c’étaient bien des classes.

La magie de la musique a de nouveau opéré. En juillet, le chef d’orchestre était russe, en janvier français. L’approche n’est pas la même, les accents pas mis sur les mêmes instruments. Mais les deux étaient magnifiques, même si Bastille n’est pas la salle de spectacle idéale pour les cuivres.

Concernant les différences de chorégraphies, Noureev place l’ensemble de la pièce dans le rêve du prince Siegfried. C’est endormi que nous le trouvons au début, c’est allongé que nous le quittons. Cela me rappelle à certains égards cette belle pièce de théâtre espagnole La vie est un songe de Calderon.  Le bouffon, personnage présent chez Petipa est supprimé au profit de Wolfgang, le précepteur du Prince, personnage équivoque et manipulateur, alter ego du magicien Rothbart, le même qui a ensorcelé les cygnes. L’interprétation de Noureev met en lumière le rôle de l’inconscient dans l’œuvre de Tchaïkovski, notamment sur son homosexualité.

J’avoue avoir préféré la version de Noureev, même si le déclic ne s’est fait qu’après l’entracte qui invitait encore plus à la rêverie que de celle de Petipa. Toutefois, j’ai préféré la mise en scène du ballet de Novossibirsk: les costumes Renaissance étaient tout simplement splendides, les robes d’une fluidité… 

 

Je recherche la beauté dans la danse, et cette-fois ci encore je l’ai trouvée…

Une galette des rois aixoise…

En cette période de début d’année, et alors même que l’on sort d’une phase douloureuse où l’estomac a du mal à se refaire une santé – ah le foie gras, le chapon, le saumon, le boudin, la bûche…. j’arrête mon inventaire à la Prévert, sans parler des différents vins: champagne, sauternes, loupiac, médoc… – il y a une chose qui approche – ou qui a déjà commencé, c’est selon: la galette des Rois.

Certains la fêtent le dimanche qui suit le premier janvier. D’autres, fidèles au poste, le 6 janvier, jour de l’épiphanie. Mon séjour madrilène m’a d’ailleurs appris que c’est à cette date que les Rois mages apportent les cadeaux aux enfants (sages évidemment).

Mon royaume pour une galette!

Et pas n’importe laquelle. Celle de chez Béchard à Aix en Provence, découverte l’an dernier.

La reine de la galette selon moi. Il faut dire aussi que la pâte feuilletée n’est pas ma pâte préférée. Alors une galette briochée, où, au détour d’une bouchée vous découvrez un morceau de pâte d’amandes, rehaussée d’une orange ou d’un autre fruit confit, et bien c’est le rêve. Surtout quand pour couronner le tout ; ) vous y ajoutez une fève d’une taille de 5 cm en forme de santon, histoire de compléter sa crèche.

Bonne année donc et bonne quête de la fève!

Et moi, je file chercher des places pour Aix…