Pompéi au Musée Maillol ou la reconstitution d’une « domus pompeiana »

Je ne retracerai pas ici l’histoire de l’éruption du Vésuve le 24 octobre 79 qui engloutit notamment les villes de Pompéi et d’Herculanum et entraîna la mort de Pline l’Ancien. La curiosité a parfois des conséquences tragiques mon cher Pline…

Je parlerai plutôt de la belle exposition qui se trouve en ce moment au Musée Maillol sur Pompéi.

J’avoue qu’une telle association m’a d’abord désarçonnée. Que viennent donc faire des mosaïques, statues et objets romains dans une fondation dédiée au peintre Aristide Maillol connu pour ses peintures et sculptures de femmes bien en chair?

Pompéi un art de vivre nous fait entrer dans une domus pompeiana ou maison pompéienne en suivant l’ordre traditionnel des pièces: l’atrium, le triclinium et la culina, le péristyle autour du jardin, le balneum… Un cabinet érotique est également présent, reprenant quelques pièces de celui du Musée archéologique de Naples.

Que ceux qui sont déjà allés à Naples et Pompéi se rassurent: beaucoup de pièces proviennent des réserves archéologiques. l’occasion de découvrir objets de cuisine, statues et une fontaine non visibles à Naples. La fontaine montre d’ailleurs la forte inspiration romaine des jardins « rocailles » de la période baroque. Ou comment revoir le parc Boboli de Florence d’un autre oeil…

Une exposition intéressante et riche complétée par un film de 15 minutes replaçant la ville de Pompéi dans son époque. Un film en italien qui donne une envie soudaine de se retrouver en Italie, de boire un Montepulciano avec des antipasti, de dévorer une pizza, savourer un risotto et de terminer par une dolce  ou un gelato… Aie aie aie le virus du voyage me reprend!!!

Une exposition qui ne permet cependant pas – et d’ailleurs est-ce vraiment possible à moins de présenter une maquette réduite ou une reconstitution des ruines de Pompéi comme il est fait rapidement dans le film – de se faire une réelle idée de l’étendue du site. Une exposition à doubler si possible d’un voyage à Naples, agrémenté de balades dans les ruines d’Herculanum et de Pompéi…

Alexandre le Grand : les richesses insoupçonnées de la Macédoine antique

Une très belle expo se tient depuis le 13 octobre au Musée du Louvre : Au Royaume d’Alexandre le Grand, la Macédoine antique.

J’y étais quelques jours après car, lors de mon voyage dans le Péloponnèse en  août 2010, j’avais découvert dans mon guide la richesse de la région de Thessalonique et m’étais dit qu’un jour peut-être, j’irai voir le tombeau de Philippe II de Macédoine (-382/-336 av JC), père d’Alexandre le Grand, mort à Babylone en -323 av JC.

Evacuons d’emblée le seul point négatif : le titre de l’exposition sert surtout à faire venir le chaland. On y parle davantage de la Macédoine que du célèbre Alexandre… La Macédoine antique est en effet la grande oubliée des amateurs de vieilles pierres, davantage attirés par les ruines du Péloponnèse ou Athènes.

Cette exposition, très riche, repose sur un parcours didactique : le contexte historique nous est expliqué tout comme la géopolitique de la Grèce et la façon dont la Macédoine s’est imposée progressivement face aux cités grecques.

L’exposition permet de voir de belles lances extrêmement bien conservées vu leur âge canonique, la tombe d’une femme dont la silhouette reste dessinée par ses bijoux – diadème, colliers, broches, fibules –et  les pans de son vêtement.

On y voit les trésors de la tombe de Philippe II et la « tombe d’Eurydice », grand-mère d’Alexandre, est reconstituée. Leur richesse permet de prendre conscience du faste de l’élite de l’époque.

Last but not least, parmi les thèmes est évoqué celui de la légende d’Alexandre…

Une très belle expo, que vous soyez amateur de vieilles pierres, d’histoire ou d’ethnographie.

Enluminures du Moyen Âge et de la Renaissance

Si vous aimez les fins dessins, majoritairement religieux … mais pas que…

Si le livre de Kells vous avait ébloui à Dublin…

Si vous appréciez les salles à la lumière tamisée du Louvre…

Courez au Louvre voir l’expo Enluminures du Moyen Âge et de la Renaissance qui se termine le 10 octobre.

La minutie de ces dessins et la recherche du Beau ne vous laisseront pas indifférents….

L’expo Paris sur Seine : variations sur un fleuve…

 Si vous avez le temps d’ici samedi et que vous aimez flâner sur les bords de Seine, une très intéressante expo se trouve depuis juillet à l’Hôtel de ville sur le sujet.

Des premières cartes de Paris au XVI°s à Paris plage, cette exposition explore les différents liens qui unissent les Parisiens à leur fleuve, des blanchisseuses et des porteurs d’eau aux nageurs des XIX° et XX°s.

Du fleuve nourricier avec ses ponts au foin, volailles, voire construits  au fleuve paysage – on ne se baigne plus guère dans la Seine de nos jours – les photos permettent de voir l’évolution de la ville.

On peut y lire en filigrane un bilan positif de Paris plage et de la politique menée parla Mairie de Paris pour les berges de Seine. On apprécie ou non.

 

L’exposition Dogon au Quai Branly: un avant-goût

Jusqu’au 24 juillet se trouve au musée du Quai Branly une exposition sur les Dogon, civilisation du Mali.

Aux alentours des X°- XI°s , fuyant l’islamisation du grand empire du Ghana dont la capitale se trouvait au sud de l’actuelle Mauritanie? les élites animistes partirent vers l’est et se fixèrent d’abord dans la région de Djenné au Mali puis à l’ouest et au nord du plateau de Bandiagara – aujourd’hui très touristiques – où ils apportèrent avec eux leurs coutumes .

L’animisme se traduit dans l’art Dogon par la présence des statues anthropomorphes, support de dialogue entre les hommes et les forces supérieures régissant leur destin. Cette statuaire est multiple, en fonction des peuples d’origine différente qui ont cohabité. Les attitudes représentées sont peu variées: personnages debout les bras levés, hermaphrodites, maternités, cavaliers, couples, figures assises, agenouillées.

Je ne présenterai ici que 4 styles différents, vous laissant le soin de découvrir les autres…

Les statues aux bras levés de type Djennenké sont un symbole visuel et spirituel du pays Dogon.

A la statuaire des Djennenké succède celle du N’duleri, au centre-nord du plateau de Bandiagara. Tout en conservant l’aspect longiligne de l’art Djennenké, les statues N’duleri ont une expression plus nerveuse et plus stylisée.

La statuaire Mandé introduit une nouveauté: les activités, comme ces joueurs de balafon, commémoration possible d’un mythe.

Enfin, le style de Tintam se caractérise par des statues élancées mais bien charpentées couvertes souvent d’une argile rouge, couleur symbolisant l’énergie vitale.

Masques et objets courants comme les fameuses portes de grenier,des repose-têtes et des bijoux sont également présents. Courez-y si vous aimez les Arts premiers!! Je n’avais pas vu une aussi belle collection depuis les expositions de la Fondation suisse Barbier-Müller au musée Jacquemart-André!!