Bouddha chez Apollon…

La représentation de Bouddha s’inspirerait-elle de celle d’Apollon?

Oui, si l’on en croit l’exposition qui vient de se terminer au Musée Guimet de Paris, « Pakistan – terre de rencontre – Ier-VIème siècles – Les arts du Gandhara ».

Ancien royaume d’influence hellénistique qui recouvre les provinces du Nord-Ouest de l’actuel Pakistan, le Gandhara trouve son essor entre le Ier et le IIIème siècle de notre ère, au temps des successeurs d’Alexandre le Grand et de l’empire Kouchan.

Au confluent des mondes romain, han, grec, terre de Bouddhisme,  le Gandhara « voit naître et se développer une civilisation brillante mêlant les influences grecques, fruits des conquêtes d’Alexandre le Grand, aux inspirations perses et indiennes. »

Nous sommes accueillis par des statues d’Apollon, d’Athéna, d’Atlas, de Pysché. Les formes sont grecques, assurément : le nez, les thèmes, les représentations des Dieux avec leurs attributs. Les représentations de Bouddha étonnent par la finesse du nez, ce fameux nez grec que l’on retrouve dans la sculpture grecque, l’aspect bouclé des cheveux, la présence de la toge… Alors oui, la représentation de Bouddha dans la pierre se serait faite grâce à l’apport grec.

Au fur et à mesure de l’exposition l’influence indienne se fait sentir: les yeux se brident, les formes deviennent plus volupteuses. Les bas-reliefs rappelent à la fois ceux d’Asie et ceux d’Europe, métissage magnifique des cultures…

Cette exposition a le mérite de poser la question, taboue parfois, de l’influence en art religieux.  On en ressort heureux et impressionné…

Une crinière de lion au réveil…

Cela ne vous est jamais arrivé de vous réveiller et de ressembler à un mouton ou à un lion, à vous de choisir ? Alors même que la veille vous vous étiez couchée avec une chevelure à peu près lisse. Et le lendemain, pff, une véritable crinière! Et ce d’autant que l’été – enfin un été normal, pas celui de Paris en ce moment où la grisaille plombe le moral – l’utilisation du sèche-cheveux- dompteur-de-crinière paraît superflu… Donc le matin suivant, de belles boucles trônent sur votre tête. Pas un cm2 qui ne soit ondulé ! La honte si vous sortez dans la rue ainsi.

Pourfendeuse de la crinière, plusieurs solutions s’offrent à vous :

1- Attraper les cheveux scélérats d’un geste vif et les emprisonner dans un chignon. Enfin si on a les cheveux suffisamment longs. Sinon bonjour l’angoisse…

2 – Se laver les cheveux le matin, comme ça ils se disciplinent plus facilement

3 – Solution radicale : se les couper à la garçonne. En plus c’est très mode en ce moment…

4 – décider que ce genre de considérations est futile et donc sortir ainsi. Oui j‘ai une crinière de lionne et je le vis bien. Et aux personnes qui vous regardent un brin étonnés : t’as un problème toi ?

Conclusion : Dommage de se pourrir la vie par ce genre de questions… Surtout quand cela arrive régulièrement et que vous travaillez. En bref, vivement les vacances!

La création en art… La preuve par Turner

    

L’exposition qui s’est achevée le 24 mai aux Galeries Nationales du Grand Palais de Paris posait une question : celle de la création en art.

Intitulée Turner et ses peintres, cette exposition retraçait les influences et les inspirations de ce grand peintre anglais. Poussin,  le Lorrain, Rembrandt mais aussi, peut-être moins connus en France, Wilson et un contemporain de Turner, Girtin…. La confrontation, qui n’avantage pas toujours Turner au demeurant, est saisissante. Là un paysage du Lorrain repris en y enlevant des éléments, ici un pont dans une autre perspective…  Si l’on ne peut parler de plagiat, l’inspiration est forte. D’ailleurs Turner retouchait ses peintures in situ, lors des  expositions, en observant les peintures accrochées autour de lui…

Parti pris du conservateur de l’exposition ou réalité historique? Les deux à la fois sans doute…  Car si le fait de trouver l’inspiration chez les autres ne choque en peinture, il en va différemment en littérature. Est-ce la notion d’école, réelle dans la première et quasi inexistante dans la seconde? Peut-être. Car peindre et écrire nécessitent d’affronter les mêmes difficultés : les couleurs, le choix de la peinture: aquarelle, acrylique, huile, l’épaisseur ou non de la couche dans un cas; les mots, le choix littéraire : poésie, essai, nouvelle, pièce de théâtre  ou roman dans l’autre.

Qu’est ce que la création en art? Une idée géniale, inexplorée depuis la création humaine? Une intuition personnelle s’inscrivant dans l’air du temps pour se faire connaître? La question reste ouverte…