Les 7 péchés capitaux …version jardin…

Festival Jardins Bdef

Château moins connu que ceux de Blois et Chambord, celui de Chaumont-sur-Loire accueille pourtant autant de visiteurs que le premier. A l’occasion d’un voyage de presse début juin, j’ai pu découvrir les jardins du Château, sur le thème des Péchés Capitaux.

Ce château est un témoignage à la fois de l’architecture défensive de l’époque gothique et de celle d’agrément de la Renaissance. Propriété de la reine Catherine de Médicis puis de Diane de Poitiers, le château connaît au XVIIIème et XIXème siècles une renommée culturelle forte lorsque la famille Le Ray de Chaumont accueille le sculpteur Nini, l’Américain Benjamin Franklin et l’intellectuelle Germaine de Staël. Il appartient ensuite au prince et à la princesse de Broglie qui conçoit, avec la maison Hermès, de belles écuries et confie à l’architecte-paysagiste Henri Duchêne la création d’un parc à l’anglaise.

Chaumont sur Loire Bdef

Depuis 1992, le festival international des jardins, deuxième dans le monde, propose chaque année un thème permettant aux paysagistes et architectes de montrer leur talent. Patrick Blanc, connu pour son mur végétal au Quai Branly, y a fait ses classes. En voici un exemple:

Mur végétal Bdef

Petit rappel des 7 péchés capitaux tels que définis par Saint Thomas d’Aquin. Il s’agit de la paresse, l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la colère et l’envie. Les artistes sélectionnés pour cette édition, présidée par le chef d’orchestre William Christie, en ont même ajouté 2: la surconsommation et la dépendance au numérique.

Le visiteur peut à sa guise, soit se promener dans le parc du Château où se trouvent encore certaines œuvres des précédentes éditions:

vignes def

soit visiter le château – dont certaines parties ont bien besoin d’être restaurées- afin de voir l’exposition des vitraux de Sarkis – dont la scénographie underground joue sur la non rénovation des combles

Sarkis

ou se diriger directement vers la partie du parc dédiée au Festival.

Des 26 jardins vus, qui mêlent plusieurs péchés, j’en retiendrai 3 qui m’ont particulièrement plu:

On a ainsi envie de plonger dans cette cassette, tel Harpagon:

Avarice Bdef

Le défilé de Haute Culture, pour l’orgueil, est magnifique:

Haute culture Bdef

.Et pour les geeks, cette petite vidéo permet de voir des fleurs virtuelles qui changent sans arrêt en fonction de leur « code génétique » et des mouvements des visiteurs:

Ceux qui n’ont pas peur de pécher par gourmandise ; ) pourront se rendre au restaurant du festival qui propose des plats de qualité autour de quelques péchés capitaux comme l’orgueil, la colère ou la luxure. Le dessert sur l’orgueil était à la fois beau et bon.

Dessert orgueil

On peut passer la journée à flâner dans ces jardins. Ce ne fut pas mon cas puisque l’après-midi m’a permis de découvrir, dans les environs, des activités intéressantes mais  perfectibles.

Une belle journée qui m’a donnée envie de visiter les châteaux à vélo… : )

La Didone de Cavalli au TCE: un triomphe malgré quelques huées

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Après La Passion selon St Jean de Bach ce mercredi, où Paul Agnew chantait toujours aussi bien ( j’ai beau avoir déjà entendu cette oeuvre de nombreuses fois et la trouver toujours aussi longue à la fin, écouter Paul Agnew justifiait à mes yeux le déplacement), j’étais samedi soir à nouveau au TCE (théâtre des Champs Elysées) pour écouter La Didone de Cavalli, élève de Monteverdi et inspirateur de Lully, sous la direction de William Christie et des Arts Florissants (j’étais venue pour cet ensemble).

La trame de cette Didone est plus étendue que celle retenue par d’autres musiciens comme le Didon et Enée de Purcell. En effet, le librettiste Giovanni Francesco Busenello retrace l’histoire d’Enée de la chute de Troie et du meurtre de son épouse (dont il se console très vite au demeurant) à son arrivée puis son départ de Carthage où la reine Didon, courtisée sans succès par le roi Iarba, tombe sous le charme d’Enée grâce au pouvoir de Vénus. Didon ne se suicide pas mais épouse Iarba, contrairement à la tradition.

Une fois le décor planté, que retenir de cette soirée?

– Une mise en scène de Clément Hervieu-Léger plutôt agréable sans être transcendante malgré quelques anachronismes comme cet échafaudage blanc dans la 2° partie, verrue se greffant sur le palais carthaginois et permettant aux Dieux d’aller et venir. Quant au cerf  mort, il ne sert à rien si ce n’est à être un réservoir de faux sang pour Didon à la fin de la pièce

– Des voix magnifiques! Qu’il s’agisse d’Anna Bonitatibus (Didone), Kresimir Spicer (Enée) ou Xavier Sabata (Iarba), mais aussi des autres chanteurs, les voix sont d’une très grande pureté et d’une grande justesse. Un vrai bonheur!

– Un opéra mélangeant des scènes d’une grande intensité dramatique (la mort de Corroebe et les chants de Cassandre à cette occasion, le départ d’Enée de Carthage…) et d’opéra bouffe comme certaines interventions divines ou cette scène un brin coquine et érotique où Iarba, devenu fou de douleur devant l’idylle naissante de Didon et Enée, lutine les dames de compagnie de celle-ci.

– Des Arts Florissants en forme mais qui ont manifestement déçu certains spectateurs. En effet, lors des saluts, alors que tous les chanteurs étaient acclamés, William Christie a été le seul à être à la fois acclamé et hué. Je souhaiterais que l’on m’explique pourquoi…

Bref, une soirée très agréable pour la « baroqueuse » que je suis!