Expo Cartier au Grand Palais: d’un joaillier « parmi d’autres » au joaillier des têtes couronnées & des stars

Très belle exposition très riche qui retrace l’histoire de Cartier du milieu du XIXe siècle à nos jours.

Cartier 1

D’1 joaillier parmi d’autres, la maison Cartier se hisse sur le devant de la scène et devient la maison des têtes couronnées, fortunes européennes, américaines et indiennes… avant de devenir celle des stars de cinéma comme Elizabeth Taylor et d’apparaître dans des films. J’ai adoré le passage d’un film avec Audrey Hepburn où l’homme qui la demande en mariage la compare indirectement à la vente d’un navire… ; )

C’est une expo dont on observe avec un certain plaisir de belles pièces rares: les diadèmes kokochnik russes en diamants et or blanc du XIXe, de toute beauté, des boites du début du XXe s… Des bijoux parfois trop clinquants à mon goût comme ceux des  maharadjas indiens.

Boite Cartier

Un seul regret: que Jeanne Toussaint ne soit citée qu’en fin d’exposition. Car le renouveau du style Cartier au XXes c’est elle…

Pour les amateurs du joaillier son histoire est très bien retranscrite dans le livre Les dynasties du luxe de Yann Kerlau (cf  mon billet)

Et vous, vos impressions?

Les dynasties du luxe de Yann Kerlau: savoir-faire et faire-savoir

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La belle photographie de la robe Chanel sur la couverture, symbole d’une certaine élégance, avait attiré mon attention.

Que l’on soit intéressé ou non par la mode ou le luxe, ce livre pose selon moi de questions plus générales sur les réussites ou les échecs des entreprises. 

Derrière chaque entreprise familiale se trouve un métier. Ici seules 7 histoires sont relatées: celle de Cartier, Chanel, Ferragamo, Gucci, Hermès, Vuitton et Rolls-Royce. 7 histoires qui ont su croître à travers les générations. D’autres exemples de dynasties familiales existent en France et à l’étranger, qu’il s’agisse de voitures, spiritueux, cosmétiques… toutes animées par « l’esprit d’entreprendre ».

Je n’ai pas encore lu les chapitres concernant Vuitton et Rolls-Royce, et suis curieuse de voir comment un malletier est devenu le symbole de « it-bags » objets de contrefaçons…

Voici quelques idées directrices:

– l’existence d’un métier: la joaillerie pour Cartier, la couture pour Chanel, la chaussure pour Ferragamo, la maroquinerie pour Gucci et la sellerie pour Hermès. Vuitton s’est construit à l’origine sur les bagages et Rolls-Royce sur l’automobile.

– le savoir-faire et le faire-savoir: comment se faire un nom… et le conserver

– l’indépendance ou non au XXI°s: seules Chanel, Ferragamo et Hermès sont restées des entreprises familiales… pour combien de temps pour ce-dernier?

– la persévérance sans laquelle rien de solide ne se crée…

– les notions de création et de tradition dans un monde avide de nouveautés…

Si certaines histoires sont connues: Cartier symbolise l’aspect intemporel du luxe, « Mademoiselle » est indissociable de Chanel.. d’autres le sont moins comme l’histoire de Ferragamo, originaire du Sud de l’Italie et devant son succès au départ du fondateur pour les Etats-Unis…

Bref, un livre bien écrit que je vous recommande mais à petite dose, afin de ne pas tout mélanger, même si les frasques de la famille Gucci ont peu en chose en commun avec la discrétion de la famille Hermès ou les coups du destin de la dynastie Ferragamo…