Lorsque culture et style font bon ménage… 2 exemples londoniens…

Lors de mon séjour à Londres au mois de mars, j’avais été frappée par la recherche de style des personnes que je croisais. J’en avais alors profité pour faire des photos dans des endroits culturels. On oppose trop souvent selon moi la mode et le style à la culture…

Voici donc 3 photos:

Les deux premières ont été prises lors du Gala en hommage à Anna Pavlova.

La jeune femme incarne selon moi l’archétype de l’élégance: mince, fine, discrète, chevelure et ongles soignés, attention aux détails. Un seul reproche toutefois: je n’aurais pas mis des chaussures noires mais marron foncé pour faire ressortir le pantalon.

La seconde a été prise au Victoria et Albert Museum, à la cafétéria. Je suis tombée des nues en voyant cette femme si bien assortie au décor ; )

 Et vous, ne trouvez-vous pas qu’on oppose trop facilement style et culture??

Louis Vuitton / Marc Jacobs

Le musée des Arts décoratifs est un musée que j’aime beaucoup, à la croisée entre l’histoire et la mode. D’un côté du bâtiment se trouvent la mode et les bijoux, de l’autre l’ameublement…

Il s’y tient en ce moment l’expo Louis Vuitton / Marc Jacobs. Si je suis pas adepte de la marque au monogramme, comme tout signe extérieur ostentatoire de richesse, j’avais lu dans Les Dynasties du Luxe  – livre dont je vous ai déjà parlé – l’histoire de Louis Vuitton, et la voyageuse que je suis avais envie de voir si on y trouvait les fameuses malles.

L’expo est divisée en deux parties, la première retraçant l’histoire de Louis Vuitton, la seconde consacrée au designer américain. J’ai vraiment préféré la 1°, la 2° étant un peu trop “commerciale” à mon goût.

Jurassien d’origine, Louis Vuitton arrive à Paris d’abord comme apprenti chez un malletier avant de fonder sa propre maison en 1854. La première toile de ses malles, appelée Trianon, est grise. La seconde, à rayures, est rapidement contrefaite – déjà!! Il lance donc la toile à damiers et y inscrit discrètement son nom, sous les malles. C’est son fils Georges qui lance le fameux monogramme.

L’expo permet de voir à la fois de très belles robes mais aussi des habits de poupée, façon pédagogique d’expliquer qu’il fallait emballer tous ces accessoires à échelle humaine et non de jouets. On y trouve aussi des malles en tout genre, de la malle commode à la malle lit pour les explorateurs. Le tout servi par une très belle scénographie.

Le second étage est consacré à Marc Jacobs, avec tout d’abord une introduction à son “monde” où on retrouve pêle mêle Madonna, Marie Antoinette de Coppola ou le film Cabaret… Si j’ai trouvé cette partie “commerciale” c’est qu’elle n’est quasiment consacrée qu’à ses défilés. J’aurais voulu le voir au travail, réflechir à ses modèles. Il explique bien qu’il ne part jamais d’une page blanche, mais à part le processus de création d’un sac, au demeurant très années 1930, le reste de l’expo est consacré aux défilés. La féministe que je suis n’a pu s’empêcher de grincer des dents face à quelques fantasmes masculins “grossiers”: la femme à 4 pattes dans une cage portant culotte et bottes en cuir noir ou les infirmières aux sous-vêtements apparents clôturant l’expo…

Une expo qui permet également de croiser un public de modeux, fans de Vuitton et immortalisant fièrement un objet de la marque devant le portrait du fondateur ou de Marc Jacobs…

Etude de marque sur la 5° avenue…

Un caribou en guise d’emblème cela vous dit quelque chose?

Et une foule sur les Champs Elysées devant un magasin où l’on trouve de beaux éphèbes torse nu?

Je n’avais jamais fait le rapprochement entre les deux avant ma virée shopping d’hier.

Je me posais bien des questions sur ces polos au caribou qui tendaient depuis plus d’un an à remplacer dans les beaux quartiers le polo Ralph Lauren mais je n’avais jamais eu la curiosité de chercher sur internet.

Etant sur la cinquième avenue, et passant devant le magasin Abercrombie et Fitch, je suis donc rentrée. Un jeune homme torse nu accueillait les clients.

Lumière tamisée, musique electro sensuelle à fond ( mes oreilles!!), parfum d’ambiance, tons chauds des meubles en bois… Les différents sens sont sollicités: la vue, l’ouïe, l’odorat et le toucher….

Nous voici dans le monde américain preppy càd neo BCBG.

Les vendeurs en sont le reflet: cheveux savamment en bataille, chemise dépassant négligemment du pantalon pour les hommes, jupe courte et haut en dentelle pour les femmes.

La marque joue sur l’image du sport tant dans la décoration que dans certains vêtements: les survêtements bien sûr, transformant les personnes en véritables hommes sandwiches vu la taille de l’écriture de la marque ( j’ai horreur de ce genre de choses) et les indications sur les hauts: on y voit écrit “muscle” à l’endroit où on trouve habituellement la taille, celle-ci étant un peu en dessous.

L’ambivalence sexuelle est également mise en avant: au-dessus des caisses se trouvent des photographies en noir et blanc  d’homme et de femme sur le point de s’embrasser ou de deux hommes face à face prêts à enlever leur pantalon…

Une étude de marque intéressante malgré la puissance de la musique et un service client laissant à désirer: les vendeurs sont peu aptes à répondre à vos questions et semblent servir davantage de décoration…