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Garnier est à l’heure grecque côté danse.

On y joue depuis jeudi (la Première de mercredi avait été annulée à cause des grèves) Phèdre, action dansée de S.Lifar et Psyché, ballet et création d’A. Ratmansky.

Phèdre surprend à plusieurs titres:

- ce n’est pas de la danse, mais bien du théâtre dansé

- les costumes – de Jean Cocteau svp!! – sont très particuliers. Seule Phèdre (Marie-Agnès Gillot) est dotée d’habits "portables". Voir Hyppolyte (Karl Paquette) avec des cheveux et des habits jaunes fluos ou Thésée (Nicolas Le Riche) en violet rend l’action presque ridicule. Quant aux personnages en orange , style caricature des Indiens vus par les Européens au XVIII°s, j’ai moyennement apprécié…

- une pluie d’étoiles, oui mais pour quoi? Pour inciter les gens à venir? Sûrement pas pour leur permettre d’exploiter au mieux leurs capacités, même si Marie-Agnès Gillot est une Phèdre remarquable.

- Un Nicolas Le Riche pas au mieux de sa forme. Je l’avais adoré l’an dernier dans Le jeune homme et la mort. Il ne m’a pas subjuguée jeudi dernier.

J’étais donc très déçue à l’entracte même si je comprends certains partis pris:

- les visages maquillés à l’excès reprennent les masques de la tragédie grecque

- la musique de G. Auric traduit dès l’ouverture le caractère tragique de l’action qui va se dérouler devant nous

- l’absence de décor oblige le spectateur à se concentrer sur le drame. J’ai d’ailleurs bien apprécié le phénomène du théâtre dans le théâtre  avec ce péristyle grec en arrière plan où se joue une autre action: prévision de ce qui se passe comme, au début, la présence des chevaux d’Hippolyte, annonce de sa mort future, apparition divine comme celle de Neptune.

La réaction du public m’a fait penser à celle qu’avait eu celui d’In Paris: un accueil froid, peu d’applaudissements et des huées.

 

Psyché redresse heureusement la barre.

Dans un décor assez classique oscillant entre paysage désolé rappelant certaines peintures italiennes et flamandes, paradis aux traits soit d’un Versailles revu soit de cieux aux angelots joufflus, se déroulent les amours contrariées de Psyché (Aurélie Dupont) et Eros ( Stéphane Bullion).

Amandine Blisson campe une Vénus aux rapports quasi incestueux avec son fils: elle souhaite le garder pour elle et sa danse est très explicite.

Les costumes sont plaisants ( mention spéciale pour les 4 Zéphirs chevelus) même s’ils sont parfois un peu ridicules comme lors des scènes du Paradis.

Mais c’est surtout Aurélie Dupont qui "crève l’écran": elle est magnifique, évoluant entre la résignation, l’amour, la curiosité…. Un danse tout en finesse.

Stéphane Bullion danse également bien et les pas de deux de ce couple sont charmants.

Une oeuvre donc plaisante, dont je suis sortie heureuse mais avec une question en tête: restera-t-il des scènes marquantes dans mon esprit d’ici quelques temps, à l’image du cheval dans Caligula ou de certains passages de Kaguyahimé de J. Kilian?

Est-ce une oeuvre faite pour durer ou pour satisfaire le public sans le marquer réellement.

Possible réponse le 3 octobre, lorsque j’y retournerai…

 

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