Expo Photo: "Portugal – Madeira – Brasil- Splendeurs lusophones d’hier et d’aujourd’hui"

Tags

, , , , ,

Le collectif de photographes Cine Qua Non vous invite en terres lusophones, au détour des ruelles portugaises, au large des côtes escarpées et fleuries de Madère, dans la chaleur des rues brésiliennes.

IMGP2571

Une rencontre en images entre des peuples, leur culture et leur architecture, émanation d’un des plus grands empires à partir du XV siècle : le Portugal. Son rayonnement culturel et économique, sa richesse  artistique et financière subsistent sur les façades quelque peu défigurées par le temps. En filigrane, une réflexion sur la grandeur et le déclin des grandes puissances…

Vernissage le mardi 28 mai à 19h au Centre culturel Camille Claudel de St Gratien

Pour plus d’informations: http://www.cinequanon.org

Le programme du Festival: http://www.calameo.com/read/000962506512fca64b7af

Hänsel et Gretel d’Humperdinck à Garnier: entre rêve et réalité…

Tags

, , , , , , , , , , , , , ,

Samedi 27 avril 2013 – Palais Garnier – Märchenoper en 3 tableaux (1893)

Musique d’E. Humperdinck (1893), livret d’A. Wette d’après le conte des Frères Grimm

Hänsel et Gretl - Photo: AL Graf

Il y avait quelque chose d’étrange, voire de déplacé, d’appartenir à ce public qui écoutait les lamentations d’Hänsel et Gretel qui, le ventre vide, soupirent après quelque nourriture autre que du pain sec… Comme dans beaucoup d’opéras me direz-vous… Voici déjà ce que j’écrivais en octobre 2011 sur Egisto (1646) où "les serviteurs Zanni et Coviello meurent de faim et l’expriment de façon assez imagée, allant même jusqu’à imaginer leur épitaphe. Cet intérêt pour la nourriture annonce notamment le personnage de Pagageno dans la Flûte enchantée, un siècle et demi plus tard. Des passages très drôles mais qui m’ont mise cependant mal à l’aise : qu’il est facile d’écrire sur la faim quand on est cardinal…"

Un autre aspect surprend dans cet opéra: la mise en abyme opérée par la metteur en scène Mariame Clément: la scène s’ouvre sur une maison de poupée où, à gauche  semble se dérouler la vie d’Hänsel et Gretel à la fin du XIX°s alors qu’à droite le conte se déroule en parallèle. Il faut attendre la deuxième partie pour que rêve et réalité se rejoignent.

Cette mise en abyme rejoint celle, originelle, du livret. En effet, si la musique est d’Engelbert Humperdinck, disciple de Wagner, le livret est celui de sa sœur, Adelheid Wette… L’opéra reprend les grandes lignes du conte mais Gretel y apparaît souvent plus mûre et raisonnée que son frère. Un clin d’œil d’Adelheid à son frère Engelbert?

L’opéra Hänsel et Gretel gomme certains aspects du conte: l’oiseau qui guide les enfants jusqu’à la maison de la sorcière disparaît (rappel trop fort pour Humperdinck de l’oiseau guidant Siegfried chez Wagner?), la belle-mère devient ici la mère et elle ne souhaite pas la mort de ses enfants, elle les envoie dans la forêt dans un accès de colère, qu’elle regrette par la suite. Toutefois, certaines ressemblances persistent entre la mère et la sorcière: la chevelure rousse, la corpulence… La sorcière comme double repoussoir de la mère, la sorcière comme promesse pour Hänsel de la découverte de la sexualité…

Les enfants sortent grandis au sens propre et figuré de cette lutte avec le mal et leurs peurs… Un conte initiatique qui ravit petits et grands.

La mise en scène est finalement ce qui m’a le plus donné matière à réflexion car elle invite à de multiples interprétations: frontière entre le rêve et la réalité, la "banalité du mal". La pause d’Hänsel au réveil m’a rappelé le tableau de Füssli Le cauchemar. Quant à l’araignée géante qui trône dans sa chambre chez la sorcière, elle renvoie selon moi au tableau L’araignée souriante d’O. Redon.

Les décors et costumes de Julia Hansen retranscrivent bien cette atmosphère fin de siècle où ordinaire et merveilleux se côtoient…

Humperdinck - Photo: AL GrafDaniela Sindram interprète un Hänsel au début de la puberté quand Anne-Catherine Gillet campe une Gretel à la fois espiègle et décidée.

De l’Allemagne: une exposition riche et exigeante intellectuellement…

Tags

, , , ,

Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu une exposition aussi exigeante intellectuellement.

Une exposition qui mobilise des connaissances religieuses (l’impact de la Réforme), historiques (lieux de mémoire, naissance des nationalismes au XIX°s…) et sociales…

L’exposition « De l’Allemagne » reprend le titre d’un livre de Mme de Staël où elle y dépeignait une Allemagne sentimentale et candide, image ayant eu une grande influence sur le regard des Français sur l’Allemagne durant tout le XIX° siècle.

L’exposition regroupe des œuvres du XIX°s à l’Entre deux Guerres et montre les différents courants artistiques dans un pays en cours d’unification.

Les guerres napoléoniennes et les divisions en résultant ravivent celles occasionnées par La Réforme. A une peinture se tournant vers l’Antiquité, et notamment la Grèce – l’Allemagne se veut Apollonienne – succède une peinture romantique (importance de la nature et des éléments), néogothique (le Moyen-âge est vécu comme un âge d’or avant les divisions occasionnées par la Réforme) avant de devenir plus expressive (« dionysiaque ») et expressionniste. L’Allemagne étant en cours d’unification, des lieux de mémoire se créent comme la cathédrale de Cologne, construite plusieurs siècles auparavant et enfin achevée au XIX°s… (Il y a 9 ans, j’avais fait un exposé où je comparais Notre Dame de Paris et la cathédrale de Cologne…).

Un parcours qui fait appel à une culture générale solide. Si personnellement je n’ai aimé ni les tableaux de Kiefer qui ouvrent l’expo, ni les courants « dionysiaque » et expressionniste, je n’avais pas vu d’exposition mobilisant autant de connaissances depuis La Sainte Russie au Louvre en 2010… Dommage cependant qu’il n’y ait que des peintures et des dessins. Des photographies ou représentations des châteaux de Louis II de Bavière et des passages de Wagner auraient permis d’avoir un panorama plus complet de cette période charnière pour l’Allemagne;

Une exposition à voir donc, que l’on soit germaniste, ou non!

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.